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Le but de ce blog sera de vous faire découvrir les gaulois, particulièrement les arvernes. Leur religion (le druidisme), leur histoire, leur vie quotidienne, leur organisation sociale.

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De Gergovie a Alesia

Bataille autour de trois batailles
Cœur de la France, cœur de la Gaule? En tout cas, de l’Auvergne à la Bourgogne, c’est dans la zone centrale de notre actuel Hexagone que se situent les trois lieux les plus emblématiques de nos fameux ancêtres moustachus: Gergovie, place forte du puissant peuple arverne et lieu de la victoire (provisoire) de Vercingétorix sur César, en 52 av. J.-C.; Bibracte, capitale des Eduens (ex-alliés des Romains), où la majorité des tribus gauloises se rallia à ce même Vercingétorix; Alésia enfin, qui vit le triomphe de César. Sur chacun de ces trois oppida, ruraux et verdoyants, où comme on dit la nature a repris ses droits, le promeneur d’aujourd’hui a du mal à admettre qu’au milieu des broussailles et des moutons ce sont les rues d’anciennes villes qu’il arpente. Mais pourtant c’est un fait, attesté par d’innombrables découvertes archéologiques. Lesquelles, malgré leur évidence et l’affirmation unanime des spécialistes, ne suffisent pourtant pas à un certain nombre d’irréductibles (gaulois?). Car c’est un autre point commun à nos trois oppida: depuis plus d’un siècle, malgré les preuves accumulées, leur localisation est contestée par diverses chapelles d’archéologues du dimanche, qui se chamaillent entre elles, mais s’accordent pour crier au «complot», un complot ourdi par la «science officielle». Selon ces illuminés, pour de mystérieuses raisons, depuis plus de deux mille ans on nous cache quelque chose, car Alésia n’est pas à Alésia, Gergovie pas à Gergovie, et Bibracte pas à Bibracte. C’est bien la preuve que, malgré César, les Gaulois seront toujours des Gaulois…

Gergovie, rendez-vous arverne
A quelques kilomètres de Clermont-Ferrand, ce vaste plateau basaltique, d’une altitude un peu supérieure à 700 mètres, formé par une gigantesque coulée de lave, constitue un site magnifique, en même temps qu’un haut lieu historique: les guetteurs de Vercingétorix ont pu voir venir de loin les légions romaines. Le lieu est marqué par un haut monument commémoratif, visible de loin mais un peu ridicule avec son casque gaulois digne d’Astérix, que tout le monde – y compris les guides touristiques les plus récents – s’obstine à attribuer à Napoléon III. Il n’a pourtant été érigé qu’au début du XXe siècle et, dit l’archéologue Vincent Guichard, «cela fait partie des conneries véhiculées en vertu d’un vieux fantasme anti-Napoléon III qui traîne encore». C’est pourtant bien Napoléon III qui fit entreprendre dès 1862 les premières fouilles modernes ayant permis d’authentifier le site. D’autres campagnes de fouilles, y compris très récemment, ont permis de confirmer la localisation de Gergovie, d’identifier les camps romains, d’exhumer des armes romaines ainsi que les vestiges des remparts, dont on a pu proposer une reconstitution. Même si l’on n’entend rien à la stratégie des armées antiques, le site mérite une visite. D’autant qu’il est doté d’une Maison de Gergovie qui abrite un petit musée proposant – outre des objets archéologiques trouvés sur place et une évocation de la vie quotidienne de nos vaillants ancêtres – une initiation à la flore et la faune locales. Un sympathique café-restaurant permet même de trinquer pour pas cher à l’éphémère victoire gauloise.


Les malédictions d’Alésia
Bien que de très nombreux autres sites aient été proposés (jusqu’à 51 endroits différents!) par des générations de contestataires plus ou moins désintéressés, c’est bien sur le territoire communal de l’actuelle Alise-Sainte-Reine (Côte-d’Or, près de Semur-en-Auxois) que Vercingétorix fut définitivement vaincu par les armées de César. Pour tous les spécialistes, le débat est clos depuis longtemps, et les preuves archéologiques irréfutables. Il a même été démontré qu’une légende tenace, encore colportée comme une vérité historique par des contestataires irréductibles, était complètement fausse: non, il n’est pas vrai que des archéologues peu scrupuleux, soucieux de plaire à Napoléon III, auraient acheté à l’hôtel Drouot des monnaies gauloises «découvertes» quelques jours plus tard en creusant à Alise-Sainte-Reine…! Pourtant, malgré son authenticité avérée, le site apparaît aujourd’hui plutôt déshérité. Contrairement par exemple à ceux de Gergovie ou de Bibracte, ce haut lieu de l’histoire n’a jamais fait l’objet d’une mise en valeur touristique digne de ce nom. C’est sans doute qu’au fond on n’aime pas trop célébrer les défaites gauloises, même lorsque, comme ici, la chute finale n’est intervenue qu’après de longs mois de résistance face aux Romains. Certes, un énième projet semble à nouveau en phase d’aboutir, mais tous les précédents programmes d’aménagement sont restés dans les cartons. Même un modeste musée, établi sur place il y a plus d’un siècle, a dû fermer ses portes pour cause de vétusté. Et la tentative d’animer un peu les lieux, l’été, par un Alésia Peplum Festival, n’a pas donné les résultats escomptés. Vincent Guichard, patron du site du mont Beuvray et du musée de Bibracte, se déclare convaincu que «ça va se faire» et qu’Alésia recevra enfin bientôt un traitement digne de lui. Il ajoute toutefois: «C’est un site archéologique très difficile à mettre en valeur, car la ville gauloise s’y trouve enfouie sous une ville romaine. D’où un brouillage d’image.» Alors, en attendant, on peut aller se promener à Alésia et y rêver en n’étant muni que de sa propre imagination: voici au moins un lieu historique qui n’a pas été «disneylandisé».

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