Comment le vin vint aux Gaulois
Grands exportateurs de salaisons et charcuteries réputées, les Celtes ne sabreuvèrent longtemps que de bières dorge ou dhydromel, les crus venus dItalie étant réservés aux gens très riches : une seule amphore valait le prix dun jeune esclave. « Il ny avait pas de vin en Gaule avant la conquête romaine », dit Matthieu Poux. Mais quand ils eurent découvert ce breuvage, les Gaulois sen entichèrent furieusement et « en firent leur vraie potion magique », senivrant volontiers avant daller au combat fâcheuse habitude qui devait durer jusquen 1914-1918
A la fin du xixe siècle, dans un ouvrage devenu une sorte de classique (« la Vigne dans lAntiquité »), Raymond Billiard décrivait « ces agapes pantagruéliques auxquelles se plaisaient tant nos pères », lesquels « buvaient si goulûment que le liquide leur ruisselait des deux côtés de la bouche, jusque dans le cou »
On la vu : sous la forme de tessons damphores débouchées hâtivement, et même de cuves « libatoires » creusées dans le sol pour en accueillir le contenu le temps des banquets, les traces de telles agapes ont été retrouvées, par exemple sur le site de Corent. Les Gaulois étaient-ils pour autant de grossiers ivrognes ? Deux expositions actuelles « le Vin, génie des hommes » à Saint-Romain-en-Gal et « le Vin, nectar des dieux » à Bibracte témoignent du contraire. Car on y admire des objets splendides, montrant un grand raffinement technique et esthétique. A voir par exemple, à Bibracte, un très beau vase à vin arverne en céramique peinte, orné dun époustouflant décor zoomorphe. Non, les Gaulois nétaient pas des barbares !